Comment choisir ses intervenants pour la construction de maison bois ?

Une fois notre terrain acheté, le temps d’élaborer les plans est venu. Avant cela, il fallait trancher sur l’intervenant pour la construction de maison bois. En effet, plusieurs solutions s’offraient à nous : l’autoconstruction totale, recourir à un constructeur ou faire appel à un artisan spécialisé. Et ce choix allait forcément influer sur la forme et la conception du bâtiment.

Choisir un constructeur : la solution de facilité ?

C’est souvent le premier réflexe des candidats à la construction et ce ne fut pas le nôtre, d’emblée.

Une maison clé en main

Le recours à un constructeur peut avoir de gros avantages, notamment quand on n’y connaît rien en construction. Vous déléguez la maîtrise d’œuvre, le suivi des artisans et du chantier et vous validez seulement les phases intermédiaires et la livraison finale.

Cependant, l’avantage majeur d’un constructeur est qu’il garantit des prestations, un budget et des délais. Il engage sa responsabilité, notamment en cas de malfaçons, et c’est très sécurisant lorsqu’on n’a aucune connaissance en la matière.

Bien choisir son constructeur

La contrepartie de cette délégation quasi totale, c’est que vous ne maîtrisez plus rien ou presque. Les constructeurs disposent en général de catalogues de maisons plus ou moins personnalisables au niveau des plans, des finitions, des matériaux, etc. Plus haut de gamme sont ceux qui dessinent des plans adaptés à vos besoins et qui vont proposer des prestations plus individualisées.

Si nous étions passés par un constructeur, on aurait choisi une entreprise spécialisée dans la construction bois. Il en existe de plus en plus, alors attention aussi à l’effet de mode : il faut préférer l’expérience au beau catalogue. N’hésitez pas à comparer les devis et les prestations, consultez les avis, demandez à visiter des chantiers en cours. Privilégiez les acteurs locaux, bien implantés dans votre région et qui travaillent avec des artisans du coin. Non seulement ils auront plus à cœur de bien faire leur travail, car ils jouent leur réputation locale, mais ce peut être un atout si vous avez besoin d’une réparation hors garantie plus tard.

Ce qui constitue un avantage pour beaucoup était ce qui nous dérangeait le plus, car nous avions envie de piloter notre projet et surtout de faire nous-mêmes.

La tentation de l’autoconstruction ou la maison en kit

Étant bricoleurs et entourés de proches œuvrant dans le domaine du bâtiment, l’idée de l’autoconstruction n’était pas saugrenue et elle méritait d’être étudiée avec attention.

Au rang des avantages : économie et autonomie

La motivation était d’abord financière : réaliser soi-même son ossature en bois permet une économie de 30 à 50 %, en fonction des fournisseurs. De plus, le principe même de l’ossature en bois permet de monter la maison soi-même, pour peu que l’on soit soigneux et rigoureux. En effet, les éléments sont préfabriqués en atelier et livrés sur le chantier. Ensuite, le montage s’apparente à un grand Meccano.

J’insiste sur le « s’apparente » : il ne s’agit tout de même pas d’un jeu d’enfant et la technique est plutôt réservée aux bricoleurs expérimentés.

Certains fabricants produisent des kits, livrés sur votre chantier avec toutes les pièces nécessaires et la notice de montage. Bien que celle-ci soit très détaillée, il faut néanmoins avoir un peu d’expérience ou de connaissance en construction pour ne pas faire n’importe quoi et surtout adapter son kit à son terrain. Ne vous embarquez donc pas dans l’autoconstruction bois si vos exploits en bricolage se résument au montage de meubles ou à l’accrochage de tableaux au mur. Cet aspect ne nous a pas freiné, car après avoir passé quelques années à rénover notre première maison, on avait une certaine expérience du bâtiment.

Des inconvénients rédhibitoires

Deux inconvénients nous ont finalement fait écarter la solution de l’autoconstruction totale. Le premier était l’absence de garantie. Bien entendu, le fournisseur de maisons en kit garantit la qualité des matériaux qu’il vend et engage sa responsabilité sur leur conformité aux normes en vigueur. En revanche, rien ne nous protégeait sur les erreurs de montage ou – pire – de conception. D’ailleurs, la législation française est assez pauvre en matière d’autoconstruction, que ce soit bois ou traditionnelle (pas de décennale ni de dommage-ouvrages en autoconstruction).

Le deuxième inconvénient peut paraître surprenant, mais on a trouvé que finalement choisir l’autoconstruction en bois nous freinait dans nos envies architecturales. Les maisons en kit sont basées sur des plans standardisés laissant peu de place à la personnalisation. De plus, nous souhaitions de beaux volumes, notamment dans la pièce de vie, et cela nécessitait des connaissances en structure que nous n’avions pas. On s’est vite rendu compte que nous allions avoir besoin d’une assistance technique et donc de faire appel à un professionnel.

Choisir des artisans indépendants pour plus de souplesse

L’autoconstruction partielle

Après avoir écarté la solution du constructeur et celle de l’autoconstruction, nous nous sommes tournés vers un entre-deux : l’autoconstruction partielle. L’idée était de faire faire les fondations, l’ossature bois et la couverture, puis de réaliser le reste nous-mêmes. Une fois cette décision prise, nous avons regardé du côté des constructeurs. En effet, certains ne sont pas opposés au fait de livrer une maison hors d’eau et hors d’air, en laissant le second œuvre au client.

Seulement, nous n’avons pas trouvé de constructeur dont les plans nous satisfassent et surtout dans le budget que nous nous étions fixés. D’ailleurs, nous avions déjà dessiné notre plan, par l’intermédiaire d’un ami maître d’œuvre, et n’avions donc pas besoin d’une prestation « complète ». Enfin, nous voulions travailler avec des artisans locaux, à la fois pour limiter les frais de déplacement et par principe environnemental.

Un charpentier spécialisé, un maçon et un couvreur

Nous avons interrogé Internet et quelques noms sont sortis. Nous avons choisi un charpentier de notre future commune, spécialisé dans l’ossature bois. Ce qui nous a plu chez lui est son approche très orientée maison passive ; or, nous avions choisi une maison en bois d’abord pour faire des économies d’énergie.

Le premier contact a été très sympathique, le courant est tout de suite passé, nous lui avons envoyé nos plans, et il nous a fait des propositions financières différentes en fonction de l’efficacité énergétique recherchée. Mais ça, je vous l’expliquerai dans un prochain article !

Nous avons choisi également un maçon local pour les fondations et la maçonnerie, ainsi qu’un couvreur pour la toiture. Le charpentier étant aussi menuisier, il nous a également fourni et posé les menuiseries.

En conclusion, les options possibles pour la construction d’une maison en bois sont à peu près les mêmes que pour une habitation traditionnelle : constructeur, autoconstruction ou artisans indépendants. Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients, il faut donc choisir ce qui convient le mieux à son mode de vie, à ses aptitudes et à ses possibilités.