La maison en bois a le vent en poupe : en France, une habitation sur 10 est construite en bois. Écologique, rapide à construire, esthétique, elle séduit de plus en plus de candidats propriétaires. On pense souvent à l’ossature bois, mais il existe en fait plusieurs types de constructions.

Le bois est sans doute le premier matériau utilisé par l’homme pour bâtir son habitat. Les techniques ancestrales ont beaucoup évolué, mais on retrouve leurs principes constructifs dans les quatre grandes catégories de construction en bois :
• la construction en bois massif empilé ;
• la maison à colombages ou à pan de bois ;
• la construction à base de poteaux-poutres ;
• la maison à ossature bois.

En bois empilé ou panneaux massifs

C’est la plus ancienne technique de construction en bois, faite à partir de tronc d’arbres plus ou moins façonnés. On retrouve l’architecture typique des chalets de montagne, des isbas polaires ou des habitations du grand nord canadien.
Les murs extérieurs sont composés de morceaux de bois empilés les uns sur les autres. Ces pièces sont soit des rondins plus ou moins usinés (s’ils sont laissés bruts ou d’aspect rustique on parle de fustes), soit des madriers de section carrée.
Un matériau isolant peut être intercalé entre chaque rondin ou fuste pour augmenter l’étanchéité à l’air et à l’eau. Le plus souvent, le doublage en isolation n’est pas nécessaire si la section des murs est suffisante.
Ce type de construction limite les ouvertures (fenêtres et portes) pour ne pas altérer la structure porteuse, mais les nouvelles techniques permettent aujourd’hui de contourner ce problème.
L’empilement de madriers est très prisée pour l’autoconstruction, car le montage est très simple à réaliser. Chaque pièce est coupée au millimètre près et numérotée en usine. Une fois livrées sur le chantier, il n’y a plus qu’à suivre le plan de montage.

Coût : à partir de 1 400 € le m²

interieur bois chaleureux
L’intérieur d’une maison en bois empilé laissé apparent : un style chaleureux qui n’est pas sans rappeler les chalets canadiens.

La maison à colombages ou à pan de bois

maison à colombages
Une maison à pan de bois dont le colombage est en briques crues.

Même s’il existe aussi depuis la préhistoire et l’Antiquité, ce type de construction était beaucoup utilisé au Moyen Âge et associait le bois et la pierre. Cette dernière servait souvent pour les fondations afin d’empêcher l’humidité de remonter.
Techniquement, un squelette en bois structure la maison avec des poteaux plus ou moins longs et des sablières. Le colombage en tant que tel consiste à remplir l’espace entre les poteaux avec un matériau comme des briques, du torchis (mélange de paille, d’argile, de sable et de chaux) ou du plâtre.
En général, cette technique n’est plus utilisée en construction neuve, sauf pour rénover une maison à pan de bois. Les progrès technologiques ont permis de faire évoluer le principe du colombage vers la structure de poteaux-poutres.

Coût : 1 000 à 2 000 € le m² (en rénovation)

 

La structure en poteaux-poutres

 

Construction bois en poteaux poutres.
La construction bois en poteaux-poutres autorise une grande liberté architecturale.

C’est donc la version moderne du colombage. On utilise soit du bois massif soit du lamellé-collé (c’est-à-dire des lames de bois collées entre elles pour garantir une parfaite rigidité).
Le squelette est ici réalisé à l’aide de poteaux de grosse section formant une structure porteuse et autoportante. Ces poteaux sont espacés de plusieurs mètres, alors que pour l’ossature bois on est à moins d’un mètre.
Les intervalles entre les poteaux sont remplis par du bois ou de la paille compressée ou encore par des baies vitrées. En effet, comme les murs en tant que tel ne sont pas porteurs, ils n’ont pas forcément besoin d’être comblés.
Cela permet une grande liberté et les architectes utilisent souvent les poteaux-poutres pour concevoir des maisons contemporaines avec des volumes généreux et de grandes surfaces vitrées.

Coût : 1 500 à 1 800 € le m²

visuel : https://pixabay.com/fr/photos/squelette-de-bois-maison-de-troupeau-252178/
Légende possible : La construction bois en poteaux-poutres autorise une grande liberté architecturale.

La maison à ossature bois (MOB)

 

pans de maison à ossature boisCrédit photo : L. Guillemaud

 

Environ 90 % des constructions en Amérique du Nord sont réalisées avec cette technique.
On a ici toujours un squelette de bois, mais cette fois ce sont des chevrons de petite section, espacés de 60 à 70 cm en général. Entre chaque montant, on intercale de l’isolant : laine de bois, ouate de cellulose ou autre fibre. Pour finir, un panneau de contreventement en bois (souvent de l’OSB) est fixé directement sur les chevrons. Il assure la stabilité de la structure en rigidifiant l’ensemble. On ajoute souvent une toile pare-pluie pour protéger de l’humidité.
Contrairement à la structure en poteaux-poutres, l’ossature bois se fabrique étage par étage. Entre chaque niveau, une plateforme sert à la fois de plancher et de plafond.
Les panneaux sont le plus souvent fabriqués et assemblés par pan en atelier (on parle parfois de panneaux porteurs), ils peuvent même être déjà équipés des portes et des fenêtres. Les pans sont livrés sur le chantier par semi-remorque et la pose nécessite une grue.
Il existe aussi des ossatures bois en kit : les panneaux sont de dimensions plus petites, il faut les assembler selon un ordre précis pour monter chaque pan de la maison.
Pour l’intérieur, on peut poser directement du placoplâtre ou du lambris, sans prévoir un doublage isolant, contrairement aux maisons en pierre ou en béton. L’isolation étant intégrée dans le mur, on gagne ainsi en surface habitable.
À l’extérieur, l’ossature peut être recouverte d’un bardage pour conserver l’aspect bois ou de plaques de parement imitant le crépi.
Si l’ossature bois est le meilleur choix en matière d’isolation thermique, elle est aussi idéale pour les zones sismiques, de par sa constitution à la fois souple et rigide.

Coût : entre 600 et 1 000€ le m² (à partir de 1 900 € le m² si les menuiseries sont intégrées)

Quand on parle de construction bois, on pense souvent au chalet montagnard, mais il existe donc différentes techniques, de la plus simple à la plus sophistiquée. La construction bois gagne peu à peu des parts de marché depuis 2018, y compris pour des logements collectifs. En France, l’ossature bois représente 84 % des maisons construites en bois, selon l’Observatoire national de la construction bois 2019.