Quelle performance énergétique pour l’isotation d’une maison à ossature bois ??

Après avoir opté pour la maison à ossature bois, restait à définir l’isolation que nous souhaitions. En effet, l’isolation thermique dépend des matériaux et de la mise en oeuvre. C’est notre charpentier qui nous a orienté, en nous présentant plusieurs manières de faire.

Maison passive, BBC, isolation à énergie positive ?

La maison à ossature bois, par nature, offre une isolation thermique et acoustique meilleure qu’une construction en maçonnerie traditionnelle, à épaisseur de mur égale. Cependant, dans un cas comme dans l’autre, il convient d’une part d’utiliser des matériaux isolants performants et, d’autre part, de soigner tout particulièrement la fabrication et la pose de la structure afin d’éviter les ponts thermiques.

Limiter les ponts thermiques

Ces derniers sont en effet responsables d’une majeure partie des fuites énergétiques dans une habitation, surtout ancienne. Dans le neuf, il faut donc être particulièrement vigilant sur plusieurs points névralgiques :

  • La jonction entre les murs et la dalle ;
  • Les coffres de volets roulants, des baies et plus globalement des menuiseries ;
  • La jonction entre la toiture et les murs.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, plus l’isolation est performante, plus les risques de ponts thermiques sont forts. En effet, dans une maison mal isolée, les ponts ne sont qu’un faible pourcentage de l’ensemble des déperditions.

La maison BBC (RT2012)

Une maison en ossature bois est toute indiquée pour être très peu consommatrice en énergie. Depuis 2013, la Réglementation thermique 2012 (RT2012 pour les intimes) est la norme en vigueur pour toute construction neuve. Un logement conforme à cette réglementation est réputé BBC (bâtiment basse consommation).

Concrètement, cela signifie que l’habitation consomme au maximum 50 kWhep/m² par an pour le chauffage et que sa perméabilité à l’air (son étanchéité) est au maximum de 0,6 m3/h.m² (limite fixée à 1m3/h.m² pour le collectif).

La maison passive et les bâtiments BEPOS

La maison passive, visée sans doute par la future réglementation énergétique 2020 (RE2020) va un peu plus loin, puisque la consommation d’énergie nécessaire au chauffage ne doit pas dépasser cette fois 15 kWh/m² par an (la totalité de l’énergie consommée, incluant chauffage, eau chaude et électricité, ne doit quant à elle pas dépasser 120 kWhep/m² par an).

L’étanchéité à l’air est également très importante et, pour permettre le renouvellement de l’air, la maison passive doit être équipée d’un très bon système de ventilation. La VMC à double flux est recommandée, mais une VMC simple flux hygro-réglable peut aussi être efficace).

Le BEPOS ou bâtiment à énergie positive

Le bâtiment à énergie positive (BEPOS) produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Pour l’instant, il n’y a pas de réglementation définissant précisément les performances attendues, mais il y a fort à parier qu’elles seront abordées dans la future RE2020.

Le point commun de toutes ces habitations, c’est leur conception bioclimatique, c’est-à-dire qu’elles sont dessinées de manière à profiter au maximum des apports solaires. Pour cela, pas besoin d’installer de panneaux photovoltaïques, il suffit d’avoir le plus possible de parois vitrées au sud et à l’ouest. Pour éviter les effets de surchauffe l’été, on les surmonte de casquettes brise-soleil ou on plante des arbres qui feront écran à la belle saison et laisseront passer les rayons du soleil l’hiver.

L’ossature bois en 145×45, la plus classique

La première solution d’isolation proposée par notre charpentier est une structure en 145×45. C’est la plus répandue et la plus assez classique en ossature bois. Si on va de l’intérieur vers l’extérieur, on a :

  • Des montants en bois (pour nous, en épicéa) espacés de 60 cm en section de 145×45 mm ;
  • Sur lesquels on pose des panneaux d’OSB de 12 mm;
  • Puis un pare-pluie ou pare-vapeur (qui sert à empêcher l’eau de stagner dans les parois, afin d’éviter les risques de condensation et de moisissures) ;
  • Des tasseaux qui permettent de ménager un vide d’air entre la structure et le revêtement extérieur (bardage ou autre) ;
  • Et enfin le bardage.

ossature bois classique 145X45

 

Avec cette option, nous avons une ossature « nue », non isolée. À l’intérieur, on doit venir ajouter de l’isolant (laine de bois ou laine de roche), qu’on positionne entre les montants. Puis on peut monter les rails et le placo pour le revêtement intérieur.

On est sur des performances énergétiques standard, évidemment conformes à la RT2012. Cependant, compte tenu de la date de notre projet (on est en 2019) et de la mise en œuvre possible de la réglementation énergétique 2020, le charpentier nous a proposé d’aller un peu plus loin avec une structure plus élaborée.

Une ossature bois en 220×45 pour tendre vers le passif

L’idée est de tendre vers la maison passive en adoptant une structure plus complète. Avec cette option, l’isolant (de la laine de bois 220 mm en densité 50 kg/m3) est déjà intégré par le charpentier entre les montants. Ces derniers sont ensuite « fermés » au moyen de panneaux scotchés entre eux avec un adhésif garantissant l’étanchéité à l’air.

Techniquement, cette ossature se compose ainsi (toujours de l’intérieur vers l’extérieur) :

  • Panneau de contreventement en fibre de bois (épaisseur 8 mm) ;
  • Montant bois de section 220×45 mm (pour nous en épicéa) avec un entraxe de 60 cm ;
  • Isolant (pour nous : laine de bois 220 mm 50kg/m3) ;
  • Panneau pare-pluie en fibre de bois (épaisseur 35 mm) qui renforce aussi l’isolation ;
  • Membrane écran HPV (haute perméabilité à la vapeur) en polypropylène ;
  • Tasseaux de ventilation créant un vide d’air ;
  • Bardage

ossature bois 220x45

 

On a donc une ossature complète sur laquelle il n’y a pas besoin d’ajouter d’isolant intérieur, on peut directement poser les rails et le placo. Autre grosse différence avec la première structure : l’épaisseur des murs. La section des montants est en effet non plus de 145×45, mais 220×45. Cela permet d’insérer un isolant de 22 cm d’épaisseur (contre 14 dans la première version). Dernier avantage, cette ossature est étanche à l’air. Avec cette structure, on se rapproche des performances d’une maison passive (même si la seule isolation ne suffit pas à qualifier un bâtiment de passif).

Au rang des inconvénients, l’ensemble est certes 8 à 10% plus cher que la technique précédente, mais il ne faut pas oublier qu’ici on n’a pas à rajouter le coût de l’isolation (puisqu’elle est déjà intégrée). De plus, la résistance thermique et l’étanchéité à l’air sont bien meilleures. C’est donc un investissement au départ, mais qui nous permettra d’économiser par la suite en consommation énergétique.

Nous avons choisi la deuxième structure, pariant sur l’investissement à long terme. Notre mode de chauffage se résume à un (petit) poêle à bois de 5 kW de puissance nominale et de deux sèche-serviettes dans les salles de bains. La température intérieure oscille entre 21 et 23°.