Le CLT : du bois massif dans la construction

CLT Centre pompidou metz

Le CLT : du bois massif dans la construction

Assez répandue dans le nord de l’Europe, la technique du CLT ou panneaux de bois massif gagne de plus en plus de terrain dans la construction. Ce principe constructif a largement montré ses qualits pour la créativité et la robustesse des bâtiments collectifs. Nous sommes convaincus de son potentiel dan

Qu’est-ce que le CLT ou panneau de bois massif ?

Le CLT est l’acronyme de Cross Laminated Timber et désigne des panneaux de bois massif en lamellé-croisé. Concrètement, il s’agit de couches de bois massif qui sont empilées l’une sur l’autre de manière perpendiculaire. Les couches de bois sont collées ou clouées les unes aux autres.

Ce croisement des lames donne au CLT une résistance très importante, ainsi qu’une très grande stabilité. Ces performances lui permettent notamment d’être utilisable dans les zones sismiques. Les panneaux produits peuvent être de très grande dimensions (jusqu’à 70 m²). Les mesures les plus courantes sont d’environ 3,5 m de hauteur sur 15 à 20 m de large. L’épaisseur varie entre 5 et 30 cm, en fonction de l’utilisation du panneau.

Le plus souvent, les panneaux de bois massif lamellé-croisé comptent 3 plis, mais cela peut aller jusqu’à 15 couches.

Découvrez ici comment on fabrique un panneau de CLT (vidéo CLT France).

Pour fabriquer les panneaux, on utilise principalement du bois résineux (épicéa, pin douglas, mélèze, sapin…) mais aussi des feuillus pour avoir un aspect esthétique plus intéressant, notamment pour un usage intérieur.
Même si la technique a été mise au point par l’ingénieur français Pierre Gauthier en 1947, les grands fabricants de CLT se trouvent en Allemagne, en Autriche, ainsi que dans les pays scandinaves. Les industriels français commencent à tirer leur épingle du jeu. En 2014, l’association CLT France a été créée afin de développer ce principe constructif en France et a été intégrée en 2019 à l’UICB, l’union des industriels constructeurs bois.

50k m³ par an production à partir de 2019

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Les avantages du CLT comme principe constructif

Le CLT a tout d’abord tous les avantages du matériau dont il est composé : le bois. Mais il ajoute à cela des caractéristiques propres issues de sa fabrication.

Rapidité de mise en œuvre et d’exécution

La conception particulière du CLT à base de couches croisées lui donne aussi une grande rigidité. Les panneaux de bois peuvent être découpés sur-mesure à l’avance et l’on peut prévoir les ouvertures, ainsi que les emplacements des gaines sanitaires ou électriques. Cette préfabrication permet de réduire au minimum les temps de montage et de construction.

Un chantier sec et propre

Comme il s’agit de bois et que les panneaux sont préfabriqués en atelier, le chantier est sec : pas besoin d’attendre le séchage, par exemple pour une toiture de bâtiment collectif.

Les déchets sont également réduits au minimum, voire complètement absents, puisque tout est amené directement sur le chantier, prêt au montage.

De plus, le CLT est un puits de carbone : 1m3 de lamellé-croisé prélève environ 930 kg de CO2. C’est aussi un matériau renouvelable et recyclable lorsqu’il est démonté.

Même si la production de CLT utilise de la colle, cette dernière est le plus souvent sans formaldéhydes : le bois représente 99 % du CLT.

Des performances mécaniques et thermiques intéressantes

Le CLT est 4 fois moins lourd que le béton et cette légèreté est un vrai avantage en termes de transport et de manutention.

Sa résistance mécanique et l’amplitude des panneaux (jusqu’à 20m de long) permettent de l’utiliser pour des réalisations architecturales de grande ampleur. Comme il est préfabriqué sur mesure, il autorise presque toutes les fantaisies.

Sa bonne résistance mécanique et ses performances thermiques en font un matériau de construction très prisé. Étanche à l’air, il ne nécessite pas de frein-vapeur et peut être posé tel quel, sans doublage. Résultat : on gagne de la surface habitable avec des caractéristiques équivalentes (un mur de CLT de 8 à 10 cm peut remplacer un mur en pierre de 20 cm).

Si on peut faire l’économie du doublage en finition, certains panneaux intègrent cependant des isolants pour améliorer encore leurs performances thermiques ou acoustiques. Certains sont même coupe-feu, comme le CLT développé par ACDF Industrie.

Le CLT, matériau d’avenir de la construction ?

Avec ses performances techniques remarquables, les panneaux de bois massif en lamellé-croisé sont de plus en plus utilisés pour la construction des bâtiments collectifs et immeubles. Ils peuvent être posés en tant que murs, mais aussi comme planchers et en toiture : c’est donc à la fois un panneau à usage structurel et un procédé constructif à part entière.

Longtemps utilisé pour des ouvrages de 6 ou 7 étages, le CLT est aujourd’hui mis en œuvre pour construire des immeubles de 12 voire 17 étages (comme la tour Hypérion à Bordeaux). Le CLT ouvre ainsi de nouvelles possibilités de construction, notamment dans les espaces ruraux et les grandes agglomérations. Sa souplesse et sa préfabrication permettent aussi des solutions architecturales personnalisées.

Ses performances amènent les architectes et les maîtres d’œuvre à utiliser ce matériau de plus en plus dans la construction individuelle. La légèreté des panneaux de bois massif le rend idéal pour les surélévations, mais aussi pour les constructions en terrains instables ou en zone sismique. Les fondations peuvent aussi être de dimensions plus réduites que pour une construction traditionnelle en béton.

Enfin, le CLT est apprécié pour les constructions en maisons individuelles, car il apporte plus de confort thermique et acoustique. Sa capacité naturelle à réguler l’hygrométrie séduit également, sans parler de sa rapidité de mise en œuvre. Comme il n’a pas forcément besoin d’être doublé, le panneau peut être laissé visible et nu à l’intérieur de la maison. Esthétiquement, cela donne beaucoup de chaleur et d’originalité, par rapport à la maison à ossature bois où un doublage en placo est souvent nécessaire.

En 2018, la construction de logements collectifs en bois a augmenté de 19,4 % et celle de maisons individuelles de 20 %. Si l’ossature bois reste la technique constructive la plus utilisée (plus de 80 %), l’utilisation des panneaux de bois massif CLT est passée de 3 % en 2016 à 5 % en 2018 pour l’habitat individuel et de 4 % à 10 % pour le collectif.