Maison à Ossature bois (MOB): exemple de conception

Le principe de la maison à ossature bois, encore appelée ossature plateforme, est de préparer les différentes parois en atelier, de les apporter sur place et de les assembler sur le chantier à l’aide d’une grue. Avant de procéder au montage, il y a donc toute une phase de conception qui se passe au niveau des bureaux d’étude.

Nous avosn fait le choix d’une dalle en béton pour apporter de l’inertie

Qu’est-ce que l’inertie thermique ?

L’inconvénient principal du bois, c’est sa faible inertie thermique, c’est-à-dire sa capacité à emmagasiner de la chaleur (ou de la fraîcheur) pour la restituer. Contrairement aux matériaux lourds comme le béton, le bois est très isolant justement parce qu’il n’absorbe presque pas les calories chaudes ou froides de l’air ambiant.

Une maison en bois se réchauffe très rapidement, mais elle se refroidira tout aussi vite dès la source de chaleur arrêtée (soleil ou appareil de chauffage). Au contraire, une construction en parpaings ou en briques va se réchauffer lentement, le temps que les murs absorbent et stockent la chaleur, mais celle-ci sera conservée plus longtemps et restituée même une fois la source éteinte.

Augmenter son inertie thermique

Pour contourner cet inconvénient, on met en place des stratégies pour augmenter l’inertie thermique et donc la capacité de la maison à garder la chaleur pour la restituer. Pour cela, la technique est d’apporter le plus possible de matériaux lourds dans la maison. Il y a plusieurs solutions possibles :

  • poser l’ossature sur une dalle en béton ;
  • monter un ou deux murs en briques ou en parpaings ;
  • utiliser des matériaux lourds comme isolants à l’intérieur des parois (par exemple de la ouate de cellulose ou de la laine de bois) ;
  • choisir des revêtements de sol en carrelage.

Dans notre cas, nous avons mixé plusieurs solutions. Notre maison étant accolée en limite de propriété à l’est (et donc dans aucune ouverture), nous avons choisi de monter ce mur en parpaings sur toute la hauteur, nous n’avions donc plus que trois murs en ossature bois.

De même, à l’intérieur, comme nous voulions une pièce de vie très ouverte sans pilier en plein milieu du séjour, nous avons construit un mur de refend en parpaings qui, en plus d’apporter de l’inertie, aide à supporter la structure de l’étage posé dessus.

  • Parpaings d'isolation pour maison à ossature bois
    Parpaings d’isolation pour maison à ossature bois

    Assemblage maison à osssature bois
    Assemblage maison à osssature bois

Enfin, le charpentier nous a préconisé l’utilisation de laine de bois comme isolant à l’intérieur des parois de l’ossature : les isolants d’origine végétale ont en effet un plus fort déphasage (capacité à ralentir les transferts de chaleur) et permettent ainsi de lisser les différences de température intérieure, notamment l’été.

Nous aurions pu encore augmenter l’inertie thermique en réalisant la dalle de l’étage en béton, mais nous avons préféré la légèreté du plancher bois, sachant qu’au rez-de-chaussée nous allions mettre du carrelage sur toute la surface (sauf dans la chambre parentale).

Une conception bioclimatique dans l’ADN de la maison à ossature bois

Le bioclimatisme, un concept ancien

Le bioclimatisme n’est pas propre à l’ossature bois, loin s’en faut. Depuis la RT2012, toute construction neuve doit même avoir un coefficient appelé Bbiomax qui détermine son niveau de conception bioclimatique.

L’architecture bioclimatique est utilisée depuis très longtemps et consiste à adapter la construction aux particularités du lieu d’implantation. En clair, on cherche à profiter au maximum des apports solaires l’hiver et de s’en protéger l’été. Une logique pleine de bon sens pour favoriser les économies d’énergies en réduisant les dépenses de chauffage, le soleil étant une énergie renouvelable et gratuite. Attention, il ne s’agit pas d’utiliser des panneaux solaires, mais d’une captation naturelle à travers les surfaces vitrées et les matériaux.

L’architecture bioclimatique, qu’est-ce que c’est ?

Les grands principes d’une architecture bioclimatique sont les suivants (liste non exhaustive) :

  • Maximisation des ouvertures vitrées au sud pour recevoir les rayons solaires en hiver (effet de serre) et protection par des casquettes, des brise-soleil ou des débords de toit pour éviter la surchauffe en été (les fenêtres à l’ouest et à l’est seront plus réduites et protégées pour les mêmes raisons) ;
  • Réduction voire suppression des surfaces vitrées au nord, pour éviter les déperditions de chaleur ;
  • Compacité des bâtiments afin de minimiser la surface d’échange avec l’extérieur (une maison à étage est préférable à une maison de plain-pied en termes de déperditions thermiques) ;
  • Choix d’un sol foncé à l’intérieur pour transformer la lumière du soleil en chaleur et de matériaux à forte inertie ;
  • Utilisation de fenêtres à double voire à triple vitrage pour maintenir une bonne isolation.
Principes de base conception bioclimatique
Principes de base conception bioclimatique (source INEX)

Le plan de notre maison a tenu compte au maximum de ces critères. Nous avons une surface habitable de 145 m² avec un étage partiel. Au rez-de-chaussée, la pièce à vivre est orientée sud et sud-ouest, la cuisine à l’ouest, ainsi que la chambre parentale. Côté est, le mur est complètement aveugle puisqu’accolé à la construction voisine. La salle de bains, la buanderie et l’entrée sont au nord. À l’étage, on trouve deux chambres orientées plein sud et une salle de bains à l’ouest. La seule entorse est la fenêtre du bureau, située plein nord… mais parce qu’elle donne vue sur la mer.

Nous avons prévu des brise-soleil sur les fenêtres des chambres et une pergola sur la terrasse sud, mais la présence d’arbres sur les parcelles voisines tempèrent déjà un peu l’apport solaire en été.

L’étanchéité et de la ventilation : enjeu de la maison à ossature bois

Dans l’optique d’aller vers un bâtiment le plus possible passif, on rend l’enveloppe de la construction hermétique à l’air. Là encore il ne s’agit pas d’une spécificité de l’ossature bois. L’étanchéité permet d’améliorer l’efficacité de l’isolation en évitant les fuites d’air et les ponts thermiques qui génèrent des déperditions d’énergies. Pour assurer le renouvellement de l’air intérieur, on doit installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC). Cette dernière empêche aussi des courants d’air incontrôlables.

Pour assurer l’étanchéité, la mise en œuvre de la construction doit être particulièrement soignée. Les fuites peuvent se trouver à différents endroits, mais plus spécifiquement au niveau des jonctions entre les parois, entre le sol et les murs, entre les murs et la couverture…

Dans notre cas, l’ossature bois a été conçue par le charpentier avec un assemblage étanche. Les murs de parpaings ont été quant à eux recouverts à l’intérieur d’une membrane spécifique d’étanchéité, posée avant l’isolant en laine de roche. Au plafond, sous le bac acier, même chose : une toile spéciale assure l’étanchéité à l’air.

Pose des membranes pour Maison à Ossature bois
Pose des membranes pour Maison à Ossature bois